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Articles & Documents - Wikipédia PSP

Paralysie supranucléaire progressive

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir PSP.

La paralysie supranucléaire progressive (PSP ou maladie de Steele-Richardson-Olszewski), est une maladie neurologique, nommée ainsi en raison de l'ophtalmoplégie supranucléaire qui la caractérise. La PSP provoque des lésions qui consistent en des altérations neuronales avec dégénérescence neurofibrillaire intéressant le striatum, la formation réticulée du tronc cérébral, le locus niger, les noyaux des nerfs crâniens. Ces lésions affectent progressivement l’équilibre, la vue, la mobilité, la déglutition et la parole.

Sommaire

Historique

Elle a été décrite pour la première fois, estime-t-on, en 1904, bien que des recherches d’antériorité évoquent des cas de PSP probable au moins à la fin du XIXe siècle. Ce n’est pourtant qu’en 1964 que la PSP sera identifiée comme une maladie à part entière, et donc comme une entité nosologique spécifique par les trois Professeurs neurologues Steele, Richardson et Olszewski, qui lui ont donné leurs noms. La PSP, paralysie supranucléaire progressive, est donc à ce titre appelée aussi maladie de Steele, Richardson et Olszewski.

Une maladie rare et orpheline 

La PSP est une maladie rare car le nombre estimé en France de malades atteints serait inférieur à la norme européenne de prévalence en la matière (moins d'un cas pour 2000 personnes). C'est également une maladie orpheline dans la mesure où à ce jour il ne lui est pas connu de traitement efficace.

Elle affecte aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de personnes aux États-Unis et en Europe (40 à 60 000, selon les estimations).

La PSP peut être difficile à reconnaître au moins en début de maladie car les troubles initiaux sont également présents dans d’autres maladies neurodégénératives, comme pour les plus connues celles de Parkinson et d'Alzheimer, mais aussi comme celles de l'AMS (Atrophie Multi-Systèmatisée), ou la DCB (Dégénérescence Cortico-Basale) qui est très proche de la PSP. L'errance de diagnostic demeure encore importante, en moyenne plus de 3 ans, avec de fortes disparités. On considère que la PSP représente 5 à 10 % des syndromes parkinsoniens, ce qui lui vaut d'être en importance, le deuxième syndrome parkinsonien après la maladie de Parkinson.

Symptomatologie 

Les symptômes les plus précoces sont un ralentissement intellectuel avec une conservation de la mémoire épisodique, des modifications du comportement du type de perte d'intérêt (apathie) ou d'une irritabilité. Ces troubles comportementaux peuvent mimer un état dépressif. Les patients consultent le plus souvent pour des troubles d'équilibre sévères, responsable de chutes. Ces patients peuvent tomber plusieurs fois par jour ; chutes en arrière, au demi-tour. Les patients sont très instables et ont tendance à se laisser tomber dans le fauteuil. La perte d'équilibre s'aggrave au point de rendre la marche difficile voire impossible.

Les troubles de la fluence verbale et de la parole sont variés : bégaiement (palilalie, écholalie), persévérations verbales, nasillement et difficultés à émettre des phrases compréhensibles.

Aux troubles de l'équilibre et de la mobilité viennent s'ajouter des troubles plus insidieux tels que des difficultés visuelles. Ces problèmes visuels résultent d'une incapacité à guider les yeux en raison de l'atteinte des centres cérébraux contrôlant les mouvements oculaires. Les troubles de la déglutition sont plus tardifs pouvant entraîner des « fausses routes » alimentaires (l'asphyxie par étouffement est une fréquente cause de décès en fin d'évolution).

L’ordre d’apparition des symptômes étant variable d’une personne à l’autre et les symptômes eux-mêmes étant communs à d’autres pathologies, le diagnostic demeure difficile. Le diagnostic peut être suspecté cliniquement devant des troubles posturaux, des signes parkinsoniens axiaux et des troubles oculomoteurs. L'examen clinique recherchera une lenteur dans le regard vers le haut, une rigidité cervicale, des troubles cognitifs sous-corticaux frontaux et une difficulté à arrêter un mouvement moteur répété comme une séquence de 3 applaudissements.

Diagnostic différentiel 

Les diagnostics différentiels principaux sont :

Surtout en début de maladie, la PSP (paralysie supranucléaire progressive) peut être difficile à différencier d'une maladie de Parkinson, d'un début d'Alzheimer ou plus encore d'autres maladies neurodégénératives rares comme les DFT, ou la DCB qui est très voisine de la PSP. Dans le cas de la DCB, des médecins expérimentés se trompent dans plus de 50% des cas[1].

L'ophtalmoplégie supranucléaire ("aimantation du regard", fixité et réduction du champ visuel surtout vertical) dont les malades sont atteints, demeure l'une des premières caractéristiques visibles pour le diagnostic. En effet, la conséquence de la paralysie des globes oculaires est d'entraîner des chutes inexpliquées et en arrière. Par contre il n'y a pas de tremblement parkinsonien et les symptômes sont résistants au traitement par la L-Dopa.

La PSP, comme la DCB qui lui est très similaire, sont des maladies de mauvais pronostic, avec une évolution par paliers, très invalidantes et dont seuls les symptômes peuvent à ce jour être traités. Des soins palliatifs sont à prévoir.

Les maladies DCB, PSP, DFT dont la maladie de Pick sont considérées comme des taupathies - ou tauopathies - (maladies dues à des anomalies de la protéine Tau, tout comme les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, plus connues en raison du nombre de patients concernés). Des amas de protéine tau se forment, s'accumulent et se propagent, entraînant de proche en proche la mort neurale des cellules contaminées.

Perspectives thérapeutiques 

Les traitements actuels sont essentiellement symptomatiques et cherchent à lutter contre la gêne occasionnée par la maladie. A ce titre la famille et l'entourage du patient sont essentiels, mais ils doivent eux-mêmes être soutenus et aidés dans cette lutte. La recherche vise à mieux comprendre les mécanismes de la dégénérescence neuronale, afin de ralentir l’évolution de la maladie. Un règlement sur les médicaments orphelins a déjà été adopté par le parlement européen depuis le 15 décembre 1999. Le projet européen NNIPPS, portant sur 800 patients s’est proposé en 2001 d’étudier les spécificités cliniques, cognitives, neuro-radiologiques et histologiques de la PSP. Les résultats définitifs de cette étude ne sont pas encore publiés, mais nous savons hélas, à ce jour, que les essais n'ont pas donné les résultats d'efficacité escomptée. Des recherches sont également réalisées sur la nature des troubles oculomoteurs et de l’équilibre qui sont caractéristiques de l’affection.

En recherche appliquée des essais sont menés sur différentes molécules déjà connues mais dosées de sorte à pouvoir constituer un traitement contre la PSP. C'est le cas pour le lithium (USA), Q10 (USA et UK), valproate de sodium (France), chlorure de méthylthioninium, etc...

La protéine FKBP52[2] agit comme une sorte de protéine anti-Tau dans la mesure où une importante présence de FKBP52 empêcherait l’accumulation de protéines Tau dans les neurones. La protéine FKBP52 est à ce titre en cours d'étude, avec un enjeu double : permettre un meilleur dépistage par la mesure de la quantité de protéine FKBP52 et élaborer des médicaments pour bloquer l'évolution de la pathologie tau.

Il y a lieu de citer aussi les essais aux USA[3] sur la protéine sphingomyélinase neutre (N-SMase)[4] qui, déclenchée par les lésions amyloïdes et DNF (où tau est impliquée), deviendrait inopérante dans le processus apoptotique de la mort neuronale, une fois cette protéine N-SMase inhibée. Le résultat escompté serait à la hauteur du capital neuronal ainsi préservé, notamment en terme de mémoire dans le cas de la maladie d’Alzheimer.

Enfin, s'il était établi qu'il y avait aussi une atteinte du système nerveux entérique chez les malades Parkinson[5], il semble exister une corrélation entre les lésions au système nerveux central et celles du système nerveux entérique. Cette avancée est considérable pour le dépistage et pour la mise au point et le "réglage" des médicaments actuels et à venir. En effet le système nerveux central n'est accessible qu'après le décès des malades. Ce n'est pas le cas des systèmes nerveux périphériques tel que le système nerveux entérique, ce qui présente l'avantage de pouvoir faire l'objet d'investigations "in vivo" par une simple biopsie.

L'ensemble de ces expérimentations vont être poursuivies afin d'avoir des résultats plus larges sur ces différentes corrélations et ainsi établir des modélisations, clefs de voûte des perspectives thérapeutiques pour ce type de pathologies qui sont aux confins de nos savoirs actuels.

 La PSP n'est pas héréditaire. Il est mené toutefois des recherches sur d’éventuelles prédispositions génétiques et sur les composants environnementaux suspectés d'intervenir dans le déclenchement de la maladie.

La protéine TAU, une protéine fortement impliquée dans la P.S.P. 

Protéine Tau dans un neurone sain et dans un neurone malade
Article détaillé : protéine Tau.

Le codage des protéines obéit à des mécanismes biochimiques et moléculaires complexes, à dessein d'assumer des fonctions normales de vie ou de mort (apoptose) de nos cellules.

Dans les années 1980, la dégénérescence neurofibrillaire est associée à la protéine tau qui, longtemps négligée par la recherche, suscite aujourd’hui un regain d’intérêt.

La protéine tau, comme toutes les autres protéines, est codée par nos gènes et le gène codant la protéine tau est situé sur le chromosome 17. Tout être humain fabrique de la protéine tau qui est normalement non pathogène et qui, même lorsqu'elle peut le devenir avec l'âge, demeure non toxique car sans expansion dans le système nerveux. Les mécanismes qui président au passage de la situation non pathogène de la protéine Tau à pathogène puis de pathogène à toxique, demeurent donc encore inexpliqués.


L'évolution de la maladie correspond à celle de Tau dans le cerveau. La pathologie tau a une signature biochimique et morphologique de la dégénérescence neurofibrillaire. Par contre, il ne peut être espéré une relation très précise entre une région touchée et un signe cognitif précis, car d’autres facteurs aggravant interviennent.

10 stades caractéristiques d'atteinte[6] [7]

Toutefois il faut retenir que la pathologie tau a un sens, dans la mesure où le chemin de la pathologie va dans le sens des signes cliniques. Par exemple pour Alzheimer : perte de mémoire (hippocampe touché) puis progressivement aphasie (cortex temporal médian et supérieur touché comme dans la démence sémantique, puis frontal antérieur et aire de Broca qui sont différentes aires du langage), apraxie (cortex frontal touché) agnosie (lobe pariétal, lobe occipital). L’atteinte frontale peut provoquer également des troubles du comportement.

Plus la pathologie tau avance dans le cortex, plus le chemin devient variable, selon la vulnérabilité individuelle. La variation de l’atteinte des régions du cortex associatif puis primaire provoque les variations cliniques inter-individuelles marquées. C’est pour cela que chaque maladie neurodégénérative a un profil général et statistique assez précis et constant, mais que chaque cas à sa spécificité. Ce profil d'évolution peut être représenté, par exemple pour la maladie d’Alzheimer, en 10 stades caractéristiques d'atteintes

En France

Depuis mai 2007, dans le cadre du Plan National Maladies Rares[8], en liaison avec l'association PSP France, un centre de référence a été labellisé pour la paralysie supranucléaire progressive au sein de l'hôpital de la Salpétrière à Paris.

Depuis mars 2009, le Réseau National des Centres de Référence et de Compétence [9] est en place pour la PSP afin d'apporter un supplément d'expertise dans la prise en charge, le traitement et la recherche. L'Association PSP France (pour les PSP et DCB), rejointe début 2010 par l'Association France-DFT (pour les DFT) sont à ce jour les deux seules associations de malades présentes au sein de ce réseau pour les démences rares (classement nosologique).

Patients célèbres atteints de la maladie 

  • Sara KOE, épouse de Mikael KOE qui fonda l'association The PSP Association[10] au Royaume Uni.
  • Mère de Sebastian COE qui est devenu l'un des parrains de l'association The PSP Association au Royaume Uni.
  • Dudley Moore (acteur, compositeur et scénariste britannique, né le 19 avril 1935 à Londres et décédé le 27 mars 2002 à New Jersey ).

Références 

  1. Litvan I, and others. Accuracy of the clinical diagnosis of corticobasal degeneration: a clinicopathologic study. Neurology 1997: 48: 119-125
  2. [pdf] PDF - cpINSERM 26-janv-2010 [archive]
  3. [pdf] PDF - Nouvelle cible contre Alzheimer [archive]
  4. Annales de l'Institut Pasteur / Actualités - Volume 11, Issue 2, 6 April 2000, Pages 25-45.
  5. [pdf] PDF - PLoS ONE | www.plosone.org - September 2010 | Volume 5 | Issue 9 | e12728 [archive]
  6. Delacourte A, David JP, Sergeant N, et al. The biochemical pathway of neurofibrillary degeneration in aging and Alzheimer's disease. Neurology 1999 ; 52 : 1158-65.
  7. Delacourte A, Buée L. Normal and pathological Tau proteins as factors for microtubule assembly. Int Rev Cytol 1997 ; 171 : 167-224.
  8. [pdf] Plan National Maladies Rares [archive]
  9. http://www.cref-demrares.fr/spip.php?rubrique10 [archive]]
  10. The PSP Association [archive]


Date de création : 27/07/2010 @ 22:46
Dernière modification : 24/10/2010 @ 14:03
Catégorie : Articles & Documents


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