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Articles & Documents - Rember

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Le  Rember : traitement contre l'Alzheimer

Dans le monde médical et scientifique, les avancées en terme de traitement contre les maladies neurologiques se font à pas de géant bien que les recherches nécessitent des moyens technologiques et financiers considérables. Parmi ces maladies neurologiques dégénératives, la maladie d'Alzheimer est sans doute la plus manifeste en terme de nocivité et de pathogénie. De cause inconnue, cette maladie présénile se caractérise par une atrophie diffuse du cortex cérébral, provoquant une démence progressive.
Atteignant des personnes âgées, l'Alzheimer cause une forme de démence présénile qui se manifeste par un état démentiel survenant généralement avant l'âge de 70 ans. Etant la cause la plus fréquente de démence, on tend à regrouper cette maladie avec les démences séniles sous le terme de « démences de type Alzheimer ».

Elle commence souvent d'une manière discrète, par des troubles de la mémoire. Puis, en quelques années apparaissent le déficit intellectuel, évoluant vers la démence et les troubles du comportement social. On peut également noter chez le sujet une certaine aphasie ou affection neurologique, caractérisée par une perturbation de l'expression ou de la compréhension du langage parlé ou écrit, à la suite d'un dommage subi par le cortex cérébral. Un certain trouble de la motricité est parfois à signaler, avec une incapacité d'exécuter des mouvements coordonnés, que ce soit pour écrire ou lors de la marche à pied. Enfin, des troubles de la perception peuvent également apparaître, caractérisés notamment par une perturbation de la reconnaissance des informations sensitives. Plusieurs traitements ont ainsi été expérimentés, parfois avec un certain succès.
 
Mais à l'heure actuelle, un traitement d'un nouvel acabit séduit les milieux scientifiques les plus tenaces et les plus sceptiques du monde entier : c'est le « REMBER ». Porteur d'une espérance nouvelle pour les malades en phase terminale sur lesquels les tests cliniques n'ont pas encore été finalisés, le Rember est un traitement découvert par des chercheurs britanniques oeuvrant pour le compte du laboratoire d'études de l'université d'Aberdeen, en Ecosse.
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Cependant, c'est au sein d'un laboratoire singapourien qu'a été élaboré le médicament conceptualisé par les chercheurs écossais. Présenté pour la première fois à la conférence de Chicago sur les démences de type Alzheimer, ce traitement dit « Rember » détient la particularité d'agir en amont et en prévention, grâce à un effet de ralentissement des manifestations symptomatiques chez le patient. Traitement toujours en test et en attente de reconnaissance unanime par l'ensemble de la communauté scientifique, le Rember n'a pour autant pas démérité jusqu'à présent quant à ses effets bénéfiques sur les patients non encore en phase terminale de la maladie. Efficace surtout sur les sujets nouvellement atteints d'Alzheimer, ce traitement fonctionne de la manière suivante.
Les cellules cérébrales du cortex cérébral codent des protéines spécifiques nécessaires à la transmission des influx nerveux, vecteurs de l'information nerveuse. Parmi ces protéines, celle dite « TAU » occupe une place centrale dans la démence dite de type Alzheimer. En effet, chez les personnes atteintes de la maladie, une surproduction des protéines Tau est observée dans la zone du cerveau. Cette recrudescence protéinique s'avère néfaste car l'accumulation ainsi constatée provoque la formation d'un amas protéinique qui endommage le réseau de tissus nerveux cérébraux.
Des lésions des fibres nerveuses sont ainsi observées. Ce qui est le cas fréquent des deux hippocampes du cortex cérébral. Au fur et à mesure que les lésions provoquées par l'agrégat des protéines Tau s'accentuent, trois phases de la maladie se dévoilent. La première phase comprend d'abord des pertes de mémoire du quotidien et parfois, des changements de caractère : troubles de l'orientation, baisse de la concentration, difficultés à organiser des activités domestiques. La deuxième phase est constituée par une perte de mémoire du passé, une altération du langage, de la perception des formes et du visage, ainsi qu'un sens du jugement devenu incertain. Quant à la troisième phase, la personne n'est plus en mesure de communiquer ou de prendre soin d'elle-même.
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L'action du traitement Rember consiste alors à défragmenter l'agrégat  des protéines Tau qui s'amassent dans la zone de l'hippocampe et de réduire ainsi significativement l'évolution de la démence qui tend à annihiler les fonctions mémorielles. D'une efficacité avérée pour les malades n'ayant pas encore atteint la phase terminale, ce type de traitement surclasse les médicaments jusqu'alors utilisés. Pour la forme modérée de la maladie, des produits tels qu'« Aricept », « Exelon » ou encore « Réminyl » étaient de mise. Quant au traitement de la forme sévère d'Alzheimer, c'est le médicament « Exibat » qui a été utilisé. Surclassés par le Rember qui s'avère être trois fois plus efficace lors des tests cliniques, ces médicaments sans effets spectaculaires sont aujourd'hui en passe de tomber dans les oubliettes.
En effet, sur quelques essais effectués sur des patients, plus des trois quarts de ces derniers ont vu leur stimulation cognitive reprendre le dessus et leurs pertes cognitives diminuer sensiblement et notablement. Par contre, d'autres patients soumis à un test placebo n'ont démontré aucune amélioration visible de leur état de santé. Fort de ce succès partiellement confirmé, le Rember doit à présent subir des tests à une échelle plus grande et plus ambitieuse, afin de pouvoir être commercialisé de par le monde dans les années à venir.

Le Mardi 25 Novembre 2008 à 15:23 - Article écrit par Toli
 
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Alzheimer : un médicament prometteur
Alors que le nombre de patients atteints de la maladie d’Alzheimer ne cesse d’augmenter, les traitements restent d’une efficacité modeste. Mais une nouvelle molécule suscite de réels espoirs : elle serait capable de stopper l’évolution de la maladie.
Dans le cadre du congrès mondial sur ce fléau, les travaux de scientifiques britanniques ont défrayé la chronique. Explorant une piste jusqu’alors délaissée, leur médicament a permis de stopper la maladie pendant 19 mois.
 
Alzheimer : la nécessité de découvrir de nouveaux traitements
Déclarée priorité nationale, la lutte contre la maladie d’Alzheimer a récemment bénéficié d’un plan d’envergure, d’un budget de 1,6 milliard d'euros sur 5 ans pour améliorer la prise en charge des malades ainsi que la recherche. Une urgence lorsque l’on sait que le nombre de personnes atteintes ne cesse d’augmenter en France, du fait de l’accroissement de l’espérance de vie. Concrètement, les malades souffrent de pertes de mémoire sur des faits récents, d’une disparition des repères dans le temps (alternance jour-nuit) et dans l’espace, de difficultés à reconnaître les objets, de troubles du langage auxquels s’ajoutent de l’agressivité et de l’agitation.
Face à ce problème de santé publique, les traitements sont bien en peine de freiner cette dégradation progressive des fonctions cérébrales. Mais aujourd’hui, grâce à une meilleure connaissance des causes et de l’évolution de la maladie, de nouvelles molécules apparaissent.
 
Trois modes d’action contre Alzheimer
Schématiquement, la maladie d’Alzheimer se caractérise par trois phénomènes : un déficit au niveau cérébral en acétylcholine (un neurotransmetteur), l’agrégation de peptides amyloïdes bêta présents en quantité anormale qui forment des plaques amyloïdes ou "plaques séniles" et l’accumulation anormale de protéine Tau, qui peut perturber le fonctionnement des neurones et entraîner leur destruction, appelée "dégénérescence neurofibrillaire". Aujourd’hui, la plupart des médicaments (donépézil, galantamine et rivastigmine) freinent la destruction de l’acétylcholine pour des résultats que la Haute Autorité de Santé a qualifiés en septembre 2007 de "modestes".
Lors du congrès international sur la maladie d’Alzheimer qui a eu lieu à Chicago du 26 au 31 juillet 20082, plusieurs voies de recherche ont été présentées parmi lesquelles la mise au point d’un vaccin ou d’anticorps monoclonaux permettant d’empêcher la formation de plaques amyloïdes ou la recherche de molécule permettant de freiner l’accumulation de protéines Tau dans les neurones. C’est cette dernière piste qui a permis de déboucher sur un médicament prometteur.
 
Rember © semble stopper la maladie
Le médicament baptisé Rember © (méthylthiominium) avait déjà démontré sa capacité à dissoudre les filaments (neurofibrilles) de protéine Tau et à prévenir leur agrégation. Ces résultats prometteurs avaient été confirmés sur des modèles animaux de la maladie d’Alzheimer. Mais à l’occasion de ce congrès, ce sont les résultats des premiers essais sur l’homme qui étaient présentés3. Et ils sont tout aussi prometteurs !
Au total, 321 patients atteints d’une forme légère ou modérée de la maladie d’Alzheimer ont été répartis dans quatre groupes : les uns prenant 30, 60 ou 100 mg de Rember et les autres un placebo. Cette étude a été menée pendant 24 semaines au Royaume-Uni et à Singapour. La dose de 60 mg s’avère donner les meilleurs résultats. Cinquante semaines après le début du traitement, les chercheurs ont noté une nette diminution du déclin cognitif associé à la maladie (- 81 %) par rapport aux patients sous placebo. Dix-neuf mois après le début du traitement, les symptômes des patients sous traitement restaient stables contrairement à ceux sous placebo, dont les fonctions cognitives continuaient de décliner. Les données d’imagerie médicale suggèrent que le médicament agit particulièrement dans les régions du cerveau dédiées à la mémoire.
 
Sourire aux lèvres, le Pr. Claude Wischik détaille ainsi le cas de personnes qui se sont remis à se servir de leur ordinateur, à s’enflammer pour des débats politiques alors que la maladie avait commencé à les isoler4. Face à ces résultats prometteurs, il estime que le médicament pourrait être sur le marché dès 2012. Mais globalement, les experts préfèrent rester prudents. Une étude de l’efficacité à plus large échelle (essai de phase 3) devra confirmer si les espoirs que suscite cette molécule sont bel et bien justifiés.
 
David Bême, 30 juillet 2008
 
1 - La réévaluation des médicaments anti-Alzheimer - HAS - Septembre 2007 - disponible en ligne
2 - ICAD – 26 au 31 juillet 2008 - Chicago : http://www.alz.org/icad/
3 - ICAD – Abstract n°O3-04-07
4 - Interview réalisée par la BBC accessible en ligne : 
http://news.bbc.co.uk/1/hi/health/7529828.stm
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Claude Wishik, un chercheur britannique, et une équipe de l'université d'Aberdeen (Ecosse), viennent de présenter des premiers résultats assez spectaculaires obtenus avec un nouveau traitement de la maladie d'Alzheimer.

Dans ce test clinique (dit de phase 2, consistant surtout à vérifier la réalité de l'efficacité, détecter des effets secondaires et établir les doses), 321 patients, en Grande-Bretagne et à Singapour, présentant des troubles légers ou modérés, ont reçu un médicament, le Rember, ou un placebo. Durant les 19 mois suivants, les premiers ont vu les symptômes de la maladie (estimés par les performances intellectuelles et des analyses au scanner) demeurer à peu près stables tandis qu'ils s'aggravaient chez les autres personnes. L'équipe estime que ce médicament réduit 81% la progression de la maladie.

Le Rember, fabriqué à Singapour par la société TauRX Therapeutics, dont Claude Wishik est l'un des dirigeants, agit au niveau des neurones et y détruit les agrégats de protéines tau. Ces formations sont caractéristiques de la maladie d'Alzheimer, avec les plaques amyloïdes, sans que l'on connaisse leur rôle.

TauRX envisage maintenant un test de phase 3, c'est-à-dire mené sur un grand nombre de patients volontaires. Si les résultats sont positifs, le Rember sera commercialisé en 2012.

La maladie d'Alzheimer est une maladie dégénérative du cerveau qui conduit à la démence. Décrite en 1906 par le neurologue allemand Alois Alzheimer, elle représente la majorité des cas de démence en France.

72 % des personnes résidant en maison de retraite sont atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée. Environ 600 000 personnes en France souffrent de cette maladie et 850 000 d'une maladie apparentée. 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.
Les enzymes agissent sur la protéine amyloïde de précurseur et le coupent en fragments de protéine, dont un s'appelle bêta-amyloïde et est crucial dans la formation des plaques séniles en Alzheimer.
© Domaine public
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Alzheimer : un médicament prometteur à l'essai

Grâce à son mécanisme d'action, il ralentirait la progression de la maladie.
 
Le nombre de personnes atteintes d'une maladie d'Alzheimer augmente chaque année en France, du fait de l'accroissement de l'espérance de vie, alors que les traitements eux restent d'une désespérante inefficacité et en tout cas ne font pas barrage à la dégradation progressive des fonctions cérébrales. Lors de la conférence internationale sur la maladie d'Alzheimer qui se tient à Chicago, des médecins anglais ont présenté mardi les résultats prometteurs d'un essai clinique sur 321 patients avec un médicament doté d'un mécanisme d'action innovant.

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IRM ou l'on distingue l'hippocampe en 3D dans le cerveau d'un patient atteint de la maladie d'Alzheimer. 
Crédits photo : Patrick ALLARD/REA

 
Dans cette maladie, chaque essai thérapeutique suscite beaucoup d'espoir alors que les experts eux restent en général circonspects, en attendant d'avoir des preuves formelles.
Les connaissances physiopathologiques sur la maladie d'Alzheimer ont beaucoup évolué au fil des années, mettant en évidence de nouvelles cibles thérapeutiques. Très schématiquement, on sait que la maladie se caractérise dans le cerveau par un déficit en acétylcholine (un neurotransmetteur cérébral), par des dépôts de plaques de protéine béta-amyloïde et enfin par la présence de neurofibrilles riches en protéine dite TAU dans les neurones. Les quelques médicaments sur le marché visent tous à empêcher la destruction de l'acétylcholine, avec des effets considérés comme mineurs.
Des produits en cours d'évaluation comme les anticorps monoclonaux ou la vaccination se proposent eux de faire barrage à l'accumulation des plaques amyloïdes. Enfin, une troisième approche se penche sur la fameuse protéine TAU pour inhiber son accumulation dans les neurones.

Des résultats d'études très attendus
C'est cette troisième approche qui a été décrite à Chicago, avec un médicament baptisé Rember (ou methylthiominium). «Ces données étaient très attendues, explique le professeur Françoise Forette (hôpital Broca, Paris), car c'est la première fois que la protéine TAU est la cible d'un traitement.»
Au total, 321 patients atteints d'une forme légère ou modérée ont été divisés en quatre groupes, les uns prenant 30, 60 ou 10 milligrammes de Rember et les autres un placebo.
Les résultats révèlent qu'au bout de dix-neuf mois, les patients ayant pris le médicament dosé à 60 milligrammes ne présentaient pas de dégradation neurologique et que leurs symptômes restaient stables, contrairement à ceux sous placebo dont les fonctions cognitives continuaient à décliner.

«Si ces résultats intéressants sont validés, ce sera la première fois que l'on démontre qu'un médicament peut ralentir le développement de cette maladie, soutient le professeur Bruno Dubois (hôpital Pitié-Salpêtrière). Mais d'une façon générale, il vaut mieux être prudent. Nous avons déjà vu des médicaments apparemment prometteurs lors d'essais de phase 2 et qui ne montraient aucune efficacité lors d'études à plus large échelle.»
Même écho de la part de Françoise Forette : «Les résultats préliminaires sont prometteurs, mais portent sur un tout petit nombre de patients. Et il faut maintenant attendre les résultats d'études multicentriques plus importantes. On ne peut pas en dire vraiment plus. »

Des chercheurs britanniques ont présenté un nouveau médicament le Rember qui permettrait de ralentir la dégénérescence cérébrale. La maladie d'Alzheimer se caractérise par 3 phénomènes dont la présence de neurofibrilles riches en protéine dite TAU dans les neurones. Le Rember vise à freiner ces protéines TAU.

Lors de la conférence internationale sur la maladie d'Alzheimer mercredi à Chicago, des chercheurs britanniques de l'université d'Aberdeen ont présenté un nouveau médicament le "Rember" qui permettrait de ralentir la dégénérescence cérébrale en évitant l’accumulation de la protéine TAU dans le cerveau.

Testé sur 321 patients, ce traitement contre la maladie d'Alzheimer, encore à l’état expérimental, semble pour la première fois depuis la découverte de la maladie apporter des résultats prometteurs chez une cohorte de patients.

L’essai clinique du "Rember" a été fait sur 321 patients aux stades précoce et moyen de la maladie, en Grande-Bretagne et à Singapour, certains ayant bénéficié du traitement et d'autres d'un placebo.
Au bout de dix-neuf mois, les résultats sont flagrants : les patients ayant pris le traitement ont vu la dégradation de leurs fonctions neurologiques diminuer de 81%, alors que les autres ont perdu "en moyenne 7% de leurs fonctions cérébrales", selon Claude Wischik, responsable du laboratoire pharmaceutique ayant mis au point le médicament.

Les connaissances physiopathologiques sur la maladie d'Alzheimer ont beaucoup évolué au fil des années, mettant en évidence de nouvelles cibles thérapeutiques. Très schématiquement, on sait que la maladie se caractérise dans le cerveau par un déficit en acétylcholine (un neurotransmetteur cérébral), par des dépôts de plaques de protéine béta-amyloïde et enfin par la présence de neurofibrilles riches en protéine dite TAU dans les neurones.

Les quelques médicaments sur le marché visent tous à empêcher la destruction de l'acétylcholine, avec des effets considérés comme mineurs. Des produits en cours d'évaluation comme les anticorps monoclonaux ou la vaccination se proposent eux de faire barrage à l'accumulation des plaques amyloïdes. Enfin, une troisième approche se penche sur la fameuse protéine TAU pour inhiber son accumulation dans les neurones.

Des scanners du cerveau montrent que le médicament Rember, qui évite l’accumulation de la protéine TAU dans le cerveau, est efficace dans les endroits les plus touchés par les masses de la protéine TAU.
Ces résultats doivent être confirmés par d’autres études, mais quel que soit le résultat, certains experts se disent déjà très enthousiastes à propos de la nouvelle façon dont le médicament a agit sur la maladie d’Alzheimer.

Le Figaro -  30/07/2008 -  Martine Perez
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Le point sur la recherche : congrès international sur la maladie d'Alzheimer - juillet 2008
Commentaires du Dr Jack Diamond, directeur scientifique, SAC

Introduction

Pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et leurs soignants, les nouvelles annoncées au cours du congrès international de 2008 sur la maladie d'Alzheimer, qui a eu lieu à Chicago, sont mitigées : quelques rapports rassurants, quelques nouvelles découvertes porteuses d'avenir, mais aussi quelques déceptions.

Plus de 2000 rapports ont été présentés au cours de ce congrès de six jours. Il est donc impossible d'en aborder plus que quelques-uns. La sélection présentée ci-dessous intéressera les personnes atteintes et leurs soignants, puisqu'elle porte principalement sur l'efficacité à long terme des médicaments mis à l'épreuve sur des patients au cours des dernières années en essais cliniques, et sur les progrès réalisés dans le domaine du diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer.

Les rapports non commentés dans ce document portent principalement sur les mécanismes et processus de base des modifications provoquées au cerveau par la maladie d'Alzheimer. Ils incluent le mode d'action des remèdes et la manière de renforcer leurs effets; les modifications cellulaires et anatomiques qui surviennent dans le cerveau Alzheimer (neuropathologie); les biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer (substances dont les niveaux au cerveau et dans les tissus à l'extérieur du cerveau augmentent ou diminuent au fil de la progression de la maladie); et l'imagerie encéphalique. Cette dernière permet de décrire les modifications qui surviennent dans la forme et l'apparence de certaines régions précises du cerveau Alzheimer et, à l'aide de marqueurs chimiques, de déterminer le nombre et la distribution des plaques amyloïdes microscopiques disséminées dans tout le cerveau, et qui constituent l'une des marques distinctives de la maladie. D'autres études également très intéressantes portent sur la manière dont l'activité électrique du cerveau est modifiée par la maladie d'Alzheimer.

La recherche poussée et minutieuse qui étaye ces rapports témoigne de l'énergie et du dévouement des spécialistes de la recherche fondamentale et clinique qui étudient tous les aspects de la maladie d'Alzheimer, y compris les nouvelles stratégies conçues pour améliorer la qualité de vie des patients et des soignants.

Pour les personnes atteintes de l'Alzheimer, les médicaments de traitement de fond présentent un intérêt prioritaire puisqu'ils font opposition à l'évolution de la maladie elle-même, au contraire d'autres médicaments, tel l'Aricept, qui, malgré leur utilité, permettent seulement d'en réduire les symptômes. Plus de 20 médicaments de traitement de fond, déjà en essais cliniques, n'ont pas fait l'objet d'un compte rendu au cours de ce congrès et ne sont donc pas présentés ici. En ce qui a trait aux médicaments de traitement de fond qui ont fait l'objet d'un rapport au cours du congrès, deux questions capitales doivent être posées : à quel moment ces traitements de fond seront-ils disponibles et sont-ils vraiment prometteurs? Pour répondre à ces questions, nous devons tout d'abord comprendre ce que signifient les phases I, II, III et IV des essais cliniques.

Essais cliniques

 En bref, la phase I des essais cliniques de médicaments ou d'autres démarches thérapeutiques commence après que les traitements ont produits les effets voulus sur les modèles animaux de la maladie d'Alzheimer (dans les études in vivo), ou même sur des cellules nerveuses extraites du cerveau de ces animaux et conservées vivantes dans un bouillon de culture (études in vitro). Des volontaires sains sont ensuite recrutés pour recevoir le même traitement. Lorsqu'il s'agit de médicaments, le but principal consiste à déterminer les dosages corrects permettant d'éviter l'apparition d'effets secondaires indésirables. Généralement, la phase I prend une année à compléter. Si les résultats sont concluants, on passe à la phase II.

 Pendant la phase II, le traitement est administré aux patients Alzheimer sous la supervision de leur médecin, l'objectif étant de confirmer les effets bénéfiques du médicament, trouver les dosages appropriés, et déterminer si le traitement est bien toléré par le patient. Un délai de deux ans est habituellement nécessaire pour obtenir suffisamment de renseignements positifs afin de poursuivre les essais beaucoup plus poussés et à plus grande échelle de la phase III.

 La phase III commence trois ans ou plus après le premier essai clinique. Il s'agit d'une étape beaucoup plus prometteuse du processus. Les essais de la phase III portent sur des centaines et même des milliers de patients Alzheimer dans plusieurs cliniques et souvent dans plusieurs pays. Un groupe de patient reçoit le traitement étudié et l'autre groupe un placebo (une substance inactive et inoffensive). Les participants – d'un commun accord bien sûr – ne savent pas dans quel groupe ils se trouvent. Il faut au moins jusqu'à trois ans pour déterminer si le groupe qui a reçu le médicament se porte mieux que l'autre groupe, et pour déterminer les dosages qui permettent de produire les résultats voulus sans les effets secondaires indésirables. Si le médicament rempli ses promesses jusqu'à la fin de la phase III, il est soumis à l'approbation des agences gouvernementales appropriées.

 Habituellement, le médicament est envoyé en phase IV pour des études encore plus approfondies qui prolongent ceux de la phase III en s'engageant dans d'autres directions. On met par exemple le médicament à l'épreuve chez des personnes atteintes d'autres maladies ou dans d'autres groupes d'âges. Cela peut prendre de deux à quatre ans de plus. Enfin, une dizaine d'années après le début des premières études menées sur les humains, le traitement pourra être administré par les médecins à leurs patients s'il est approuvé.

Souvent, et particulièrement dans le cas de la maladie d'Alzheimer, la santé des personnes qui ont reçu le placebo s'améliore, ce qui complique beaucoup la recherche. L'effet placebo repose sur la croyance que le traitement a vraiment été reçu et qu'il faut s'attendre à une amélioration. Cette amélioration est réelle et l'effet placebo est l'une des raisons pour lesquelles des traitements complètement farfelus peuvent parfois être efficaces, au moins pendant quelque temps (la plupart finissent cependant par échouer).

Nouveaux traitements annoncés au cours du congrès

La recherche présentée au cours du congrès international de Chicago permet-elle de croire que des traitements plus efficaces et plus rigoureux seront bientôt possibles et qu'on pourra diagnostiquer plus rapidement la maladie d'Alzheimer?

Sept traitements de fond entrent présentement en phase I des essais cliniques, huit en phase II et cinq autres en phases III. Oui, de nouveaux traitements très prometteurs sont à l'horizon, et les médecins pourront en prescrire certains à leurs patients d'ici trois à cinq ans. De plus, 26 rapports présentés au cours du congrès décrivent les améliorations apportées aux techniques de diagnostic de la maladie d'Alzheimer, même au début de la maladie, lorsque les symptômes sont faibles mais commencent à susciter l'inquiétude, particulièrement parmi les membres de la famille et les amis.

La sélection suivante, faite parmi les 2000 rapports présentés au cours du congrès international, porte sur de nouveaux traitements de fond, ou d'anciens traitements remis à jour, qui pourraient mener à de nouvelles thérapeutiques au cours des trois à cinq prochaines années. Elle porte également sur d'autres recherches qui vont prendre beaucoup plus de temps à produire de résultats, mais qui tiennent en réserve des promesses exceptionnelles. Les rapports sont regroupés en tenant compte de ce que la démarche thérapeutique décrite tente de réaliser.

(I) Bêta-amyloïde

La cible principale du traitement de la maladie d'Alzheimer reste toujours la bêta-amyloïde, protéine qui s'accumule au cerveau et laisse à la longue des dépôts sous la forme de plaques amyloïdes microscopiques. Ces particules, l'une des principales marques distinctives de la maladie d'Alzheimer, sont disséminées dans tout le cerveau à l'extérieur des cellules nerveuses et sont considérées par plusieurs, y compris par le Dr Alzheimer lui-même il y a plus de cents ans, comme les principales responsables de la dégénérescence et de la mort, à plus ou moins long terme, des cellules du cerveau. Une théorie mise en valeur en ce moment avance que l'accumulation de la bêta-amyloïde est également responsable de l'autre principale marque distinctive de la maladie d'Alzheimer, à savoir les enchevêtrements fibreux que l'on retrouve à l'intérieur des cellules nerveuses elles-mêmes. Quoiqu'il en soit, l'efficacité de 11 des 20 traitements faisant l'objet d'un essai clinique en ce moment a été mesurée par leur capacité à réduire les niveaux de bêta-amyloïdes ou le nombre de plaques, et, bien entendu, par leur capacité à réduire les déficits comportementaux.

Vaccins
Une technique intéressante employée par trois de ces traitements de ciblage de l'amyloïde est d'administrer un vaccin, composé d'une préparation d'anticorps qui reconnaissent les molécules bêta-amyloïdes et se fixent à elles. Cette démarche privilégiant l'immunothérapie permet de neutraliser les molécules bêta-amyloïdes affectées, qui sont ensuite éliminées du cerveau et du corps principalement par des cellules spéciales du système immunitaire. Dans deux premiers essais de la phase II (dont l'un se poursuit déjà en phase III), une immunoglobuline (protéine associée aux anticorps) a été administrée en intraveineuse, ce qui a permis des améliorations comportementales et un rétablissement significatif à des niveaux normaux de certaines protéines dans le fluide céphalorachidien qui baigne le cerveau et la moelle épinière. Les niveaux de protéines dans le fluide céphalorachidien sont modifiés par la maladie d'Alzheimer et constituent donc des biomarqueurs de la maladie. Un autre essai clinique prometteur, maintenant en phase II, s'intéresse à un traitement spécial à l'aide d'anticorps monoclonaux, qui ciblent les molécules bêta-amyloïdes plus précisément que les habituels anticorps polyclonaux. De nouveaux vaccins sont donc en cours de préparation, malgré la fin abrupte des essais sur les vaccins en 2002, lorsque les traitements ont semblé entraîner l'inflammation du cerveau, un effet qui n'avait pas été remarqué au cours des études précédentes sur des animaux. Plusieurs chercheurs prévoient que des vaccins seront disponibles au cours des cinq à sept prochaines années.

Autres méthodes de ciblage de la bêta-amyloïde
La bêta-amyloïde se détache d'une protéine beaucoup plus grosse appelée APP. Cette séparation se fait par des enzymes spéciales dans les cellules nerveuses appelées secrétases. Des médicaments permettant d'inhiber ces secrétases et de réduire ainsi la production de bêta-amyloïde sont présentement à l'essai. De plus, lorsque des protéines bêta-amyloïdes sont produites, elles commencent à se coller ensemble. Ce ne sont pas les molécules simples mais les doubles (les dimères) qui sont toxiques pour les cellules nerveuses. Cette découverte a donc entraîné la conception de médicaments permettant de contrecarrer la capacité des molécules bêta-amyloïdes à se coller ensemble afin de les maintenir dans un état inoffensif et non menaçant. Au cours de ce congrès, des résultats prometteurs ont été annoncés pour les phases II et III des essais cliniques de quelques-uns de ces médicaments (mais pas de tous), par exemple les médicaments qui visent à empêcher les molécules bêta-amyloïdes de se coller ensemble et ceux qui agissent en contrecarrant l'action du cuivre et du zinc, métaux qui semblent faciliter les fonctions de la bêta-amyloïde. Ces découvertes pourraient mener à de nouveaux traitements d'ici trois à cinq ans. Un autre médicament entrera bientôt dans la phase I des essais cliniques, un anti-inflammatoire non stéroïdien semblable à l'aspirine, appelé Ibuprofen, qui semble réduire le développement de la bêta-amyloïde et améliorer les déficits comportementaux dans les modèles animaux de la maladie d'Alzheimer. Même si on ne sait pas exactement comment les propriétés anti-inflammatoires permettent d'obtenir ces résultats, on peut penser que ce médicament pourrait à long terme représenter une autre thérapeutique possible.

(II) Enchevêtrements

Les enchevêtrements sont composés d'une protéine appelée «tau» qui s'est anormalement modifiée chimiquement dans les cellules. Ces faisceaux enchevêtrés de fibres s'accumulent à l'intérieur des cellules nerveuses du cerveau des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Ils pourraient bien être la cause immédiate de la mort des cellules nerveuses, parce que les enchevêtrements affectent le mouvement normal, et d'une importance primordiale, des agents chimiques à l'intérieur des cellules et le long des fibres nerveuses qui émanent des cellules. Que ces enchevêtrements anormaux se développent en raison ou non d'une conséquence secondaire de l'accumulation des dimères amyloïdes mentionnés ci-dessus, leur élimination semble une voie prometteuse à suivre.

Deux essais en phase II, dont le compte rendu a été fait au cours du congrès, s'intéressent principalement à l'élimination de la protéine tau anormale et donc des enchevêtrements. Au cours de l'un de ces essais, un médicament appelé «AL-108» a été administré par voie intra-nasale à des personnes atteintes de troubles cognitifs légers, une affection en grande partie pré-Alzheimer. Le traitement appliqué au cours de ces essais entièrement comportementaux a permis d'améliorer les facultés cognitives et la mémoire. Pendant les premières études animales, l'AL-108 a permis de réduire aussi bien la protéine tau que la bêta-amyloïde, ce qui laisse entrevoir un avenir prometteur.

Le Rember, un autre médicament dont il a été question au cours du congrès, cible la protéine tau anormale responsable de la production des enchevêtrements. Le Rember a bénéficié de beaucoup plus de publicité que l'AL-108. En Grande-Bretagne et à Singapour, les essais de la phase II sur les patients ont permis de démontrer une amélioration de 81 pour cent du taux de déclin mental, à comparer aux patient non traités. De plus, parmi les patients Alzheimer du premier et du stade moyen de la maladie dont l'état s'est amélioré grâce au traitement, l'imagerie encéphalique a permis de démontrer que le déclin habituel de l'afflux sanguin dans les régions du cerveau associées à la mémoire et aux facultés cognitives a été enrayé. On prévoit que la phase III des essais cliniques sur ce médicament commencera en 2009.

(III) Autres percées thérapeutiques

Présenté quelque temps avant la tenue du congrès de Chicago, le Dimebon a causé beaucoup d'émoi en raison de ses effets positifs remarquables sur les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Les nouvelles conclusions des chercheurs confirment les vertus thérapeutiques potentiellement puissantes de ce médicament pour le traitement de la maladie d'Alzheimer. Les effets bénéfiques du Dimebon ont été observés sur la mémoire, les facultés cognitives et les activités de la vie quotidienne. D'autres nouvelles conclusions indiquent que le Dimebon agit certainement en améliorant l'état des mitochondries (minuscules organelles à l'intérieur de toutes les cellules, y compris les cellules nerveuses). La mitochondrie joue un rôle important, ou est mise à contribution, dans la plupart des processus vitaux des cellules vivantes, et son statut dans les cellules nerveuses est très compromis dans la maladie d'Alzheimer. Le Dimebon semble corriger les déficits mitochondriaux anormaux. On s'attend à ce que les essais qui se poursuivent en phase III confirment son potentiel. Dans ce cas, les médecins pourront prescrire le Dimebon dans trois ans environ, une possibilité entrevue avec enthousiasme.

Facteurs de risques

Les facteurs de risques déjà connus ont été confirmés au cours du congrès et aucun nouveau n'a été relevé. Cependant, le comportement de certains soignants, membres de la famille ou amis des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer a été vivement dénoncé en raison de ses effets néfastes : à savoir l'infantilisation de la communication en utilisant un langage enfantin avec les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Cette manière infantilisante de communiquer provoque une résistance face aux soins par les personnes atteintes et réduit généralement les interactions. Elle doit être activement combattue en tout temps et en tout lieu.
Le présent compte rendu est sommaire. Plusieurs présentations très intéressantes et très importantes ont été passées ici sous silence, particulièrement en ce qui a trait à la qualité de vie. Cependant, on peut trouver le résumé de toutes les présentations de ce congrès international dans le Supplement to Alzheimer's Disease and Dementia, 2008, volume 4, numéro 4 (Supplement 2).
 

Date de création : 30/07/2010 @ 05:44
Dernière modification : 24/10/2010 @ 14:03
Catégorie : Articles & Documents


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